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Le plus jeune, le brun, est agressif, m'a-t-on dit. Il charge souvent : qui l'approche, qui le regarde. Les gardiens du troupeau sont partis il y a des années, et à présent les bêtes viennent dans le village chaque soir. Les gardiens devaient les en empêcher, mais ils sont partis : le troupeau reste formé, et il n'y a pas de lion sur l'île. Ils ont dit que leur présence est inutile.
Mais deux fois par semaine, le sol du village entier, jonché d'excréments, doit être balayé, et le crottin brûlé. Cela représente beaucoup de travail. Et le jeune mâle est agressif. Il charge souvent.
Je me suis toujours tenu à l'écart de ce zébu. Si je voulais m'en approcher, un villageois toujours m'en dissuadait. Alors je regardais les enfants qui le coursaient en riant.

Publié par merlenvol à 18:34:20 dans Sénégal | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par merlenvol à 15:42:52 dans Sénégal | Commentaires (0) | Permaliens
Publié par merlenvol à 18:44:45 dans Sénégal | Commentaires (1) | Permaliens

Publié par merlenvol à 10:55:16 dans Sénégal | Commentaires (1) | Permaliens
LA TOUPIE
L'enfant marche, les pieds nus, sur le sable chaud. Son pas est lent, indécis, sa direction changeante. Son regard se porte sur l'horizon ocre des terres ou sur celui argenté du fleuve. D'un geste rapide, il tire une ficelle d'une petite bouteille de plastique étêtée. Alors s'anime à l'intérieur une toupie, un noyau de mangue transpercé d'une baguette de bois. C'est là le seul jouet de l'enfant. Et il répète son geste, mécaniquement, cent fois sûrement.
LA BRINDILLE
Omar est rentré de la pêche. Il a mangé, bu le thé. Maintenant, il est assis et regarde distraitement son père qui répare le filet abîmé. D'une brindille écorcée, il polit ses dents, patiemment, avec soin. Plus tard, il ira chez un cousin, ou voir le chantier naval, ou quelque arrivage ; il ira ailleurs. Mais jusqu'au soir, il usera cette brindille sur ses dents déjà lisses et blanches.
L'ARDOISE
Dans un cartable à peine usé, l'écolier porte son ardoise. Elle est son cahier, elle est son brouillon, elle est le petit papier pour faire rire le voisin, et la toile du dessin qui le fait s'évader. Dans l'unique cartable de bien des années, l'écolier garde son ardoise.l'école de fambine
LE BATON
« Nous tous, on est passés par le bâton. C'est un peu notre tradition. » Dans les campagnes, c'est au bâton que l'on élève les petits. Il est dans la maison, il est sur les chantiers et dans les champs, il est sur les charrettes, il est aussi dans la salle de classe, « même si on est désolé quand on le fait. » Bien sûr, le bâton qui s'abat fait mal, bien sûr. Mais il ne fait pas pleurer comme le font les cris de la mère, ni désespérer comme le font les absences des parents de l'Occident. Parfois même, l'enfant le prend et assène l'âne de coups, par jeu.
Un jour, l'enfant sera trop grand pour recevoir les coups. Alors il sera fier d'être « passé par le bâton », fier d'être devenu un homme, un homme droit. Un jour, il dit : « C'est le bâton qui m'a fait ! »

Publié par merlenvol à 12:53:44 dans Sénégal | Commentaires (0) | Permaliens
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