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L'école de Fambine | 29 juillet 2008

 

 

 

Publié par merlenvol à 10:55:16 dans Sénégal | Commentaires (1) |

Tournoi de lutte à Palmarin | 29 juillet 2008

 "Quelque chose en lui parlait
tambours"

Werner Lambersy

La chaleur n'est pas tombée ce soir là, à Palmarin Goulmane. Des cris se sont élevés, en écho aux rythmes rapides des percussions et aux chants des coeurs. La transe s'est emparée des femmes venues par délégations, parées aux couleurs de leur favori, tandis que les colosses ont dansé d'un pas léger devant les tribunes, le regard fier et lointain.
Les rites ont été respectés. Trois fois les lutteurs entrés dans le cercle de sable brun formé au sol, trois fois en sont sortis d'un bond. Les mains des frères ont redessiné les corps musculeux des athlètes. Les ceintures, léguées par un aïeul, les colliers, les bracelets aux chevilles comme aux poignets, touchés avec égards, ont tenu leurs promesses : les combats ont duré. Les esprits étaient au rendez-vous, qui donnaient la force, qui donnaient le courage, et la chance aussi, car l'adversaire est respecté.
Il a fallu longuement s'observer, attendre une faille dans la défense, il a fallu fatiguer l'autre en tournant autour de lui, l'agacer d'une main provocante sur son front, l'éclabousser de sable afin que la sueur ne trahisse pas la poigne ferme, pour enfin le saisir et le terrasser de force et de technique.
Alors le vaincu est resté au sol. Il pleurait, criait sa rage, il semblait vouloir s'enterrer dans le cercle même des combats, et parfois trois hommes massifs ont peiné à l'en arracher.


 

 

 

Publié par merlenvol à 10:52:34 dans Sénégal | Commentaires (2) |

Extrait de l'hymne national du Sénégal, écrit par Léopold Sédar Senghor | 09 juillet 2008

 

Debout frères voici l'Afrique rassemblée
Fibres de mon cœur vert épaule contre épaule
Mes plus que frères. O Sénégalais, debout !
Unissons la mer et les sources, unissons
La steppe et la forêt. Salut Afrique mère.

 

Publié par merlenvol à 18:12:24 dans Sénégal | Commentaires (4) |

Objets du quotidien | 08 juillet 2008

                                                               LA TOUPIE

L'enfant marche, les pieds nus, sur le sable chaud. Son pas est lent, indécis, sa direction changeante. Son regard se porte sur l'horizon ocre des terres ou sur celui argenté du fleuve. D'un geste rapide, il tire une ficelle d'une petite bouteille de plastique étêtée. Alors s'anime à l'intérieur une toupie, un noyau de mangue transpercé d'une baguette de bois. C'est là le seul jouet de l'enfant. Et il répète son geste, mécaniquement, cent fois sûrement.  

 

                       LA BRINDILLE

Omar est rentré de la pêche. Il a mangé, bu le thé. Maintenant,  il est assis et regarde distraitement son père qui répare le filet abîmé. D'une brindille écorcée, il polit ses dents, patiemment, avec soin. Plus tard, il ira chez un cousin, ou voir le chantier naval, ou quelque arrivage ; il ira ailleurs. Mais jusqu'au soir, il usera cette brindille sur ses dents déjà lisses et blanches.

 

                                                          L'ARDOISE

Dans un cartable à peine usé, l'écolier porte son ardoise. Elle est son cahier, elle est son brouillon, elle est le petit papier pour faire rire le voisin, et la toile du dessin qui le fait s'évader. Dans l'unique cartable de bien des années, l'écolier garde son ardoise.  


l'école de fambine

                                                                                          LE BATON

« Nous tous, on est passés par le bâton. C'est un peu notre tradition. » Dans les campagnes, c'est au bâton que l'on élève les petits. Il est dans la maison, il est sur les chantiers et dans les champs, il est sur les charrettes, il est aussi dans la salle de classe, « même si on est désolé quand on le fait. » Bien sûr, le bâton qui s'abat fait mal, bien sûr. Mais il ne fait pas pleurer comme le font les cris de la mère, ni désespérer comme le font les absences des parents de l'Occident. Parfois même, l'enfant le prend et assène l'âne de coups, par jeu.

Un jour, l'enfant sera trop grand pour recevoir les coups. Alors il sera fier d'être « passé par le bâton », fier d'être devenu un homme, un homme droit. Un jour, il dit : « C'est le bâton qui m'a fait ! »

 

                                                          LES BIDONS

Une guirlande de bidons longe les murs de la cuisine. Deux fois dans la semaine, elle s'étire au dehors, elle égaie le chemin de ses couleurs vives, et chante jusqu'aux robinets, devant le dispensaire et devant la boutique. Elle promet l'eau pour le riz, pour le thé, pour la douche tiède et la lessive. Elle s'égare parfois sur un ponton, puis dans une pirogue, se rassemble sur quelques charrettes, et longe enfin les murs de quelque cuisine.   

 

Publié par merlenvol à 12:53:44 dans Sénégal | Commentaires (0) |

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